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Un rejet unanime du Projet régional de santé

  • Mardi, l'ensemble de l’exécutif régional a voté contre le plan régional de santé présenté par l'ARS.
  • Mardi, l'ensemble de l’exécutif régional a voté contre le plan régional de santé présenté par l'ARS.
Mardi 10 avril en séance plénière, le Conseil régional a voté à l'unanimité contre le Projet régional de santé (PRS) 2018 -2022. Un véritable coup dur pour l'ARS et sa politique de restriction budgétaire permanente...

C'est en présence du directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS), Pierre Pribile, et suite à son allocution (visiblement peu appréciée), que le Conseil régional a voté à l'unanimité contre le projet régional de santé 2018 -2022, présenté mardi en séance plénière.

Ainsi l’exécutif régional a demandé à ce que la concertation sur les différents enjeux de santé soit abordée différemment, notamment en prenant compte davantage des territoires. Cela, avant de voter un moratoire ayant pour objectif que l'ARS revienne sur certaines fermetures de services.

"Ce projet est le symbole de l'abandon et du déclassement de nos territoires. La santé est pourtant au cœur du pacte républicain. C'est pourquoi notre majorité régionale émet un avis défavorable" résumait le soir venu Willy Bourgeois, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste du Jura.

 

En marche forcée vers la fermeture des hôpitaux de proximité ?

 

Et le Conseiller régional délégué à l'Économie numérique de souligner :

"Notre majorité souhaite le maintien et le développement de nos centres hospitaliers de proximité dans tous les territoires !"

La santé est un domaine en forte évolution. Pas toujours vers le meilleur, d'ailleurs...

Ce qui explique que le système de santé soit actuellement en pleine transformation, avec la nécessité de s'adapter à de nouvelles exigences, principalement budgétaires. Lesquelles ne sont pas sans causer de sensibles conséquences sur les territoires et les citoyens qui y vivent.

L'élu jurassien détaille :

"Le Plan régional de santé 2018-2002 contient plus de 900 pages... Parmi celles-ci la majorité a retenu quatre points positifs : la complétude d'ensemble du document, les modalités d'élaboration partenariale, l'importance accordée à la prévention et à la promotion de la santé, ainsi que les perspectives ouvertes sur la santé de demain..."

Mais voilà, il en ressort surtout quatre points "insuffisamment pris en considération" : l'articulation entre les acteurs, la priorisation des actions ainsi que la quantification des objectifs, le pilotage de la prévention et enfin la prospective financière...

De même, quatre autres points particulièrement sensibles sont à souligner : l'approche territoriale globale et le croisement de l'ensemble des politiques, le traitement des disparités territoriales, la mobilisation des moyens financiers, ou encore l'association et l'information des usagers.

"Dans un contexte d'inquiétude générale, lié à l'affaiblissement de l'offre de santé de proximité, le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté partage les orientations sur les champs de la prévention, de la promotion en santé et le développement de l'e-santé, mais désapprouve les orientations retenues en matière d'organisation de l'offre de santé de proximité..." précise Willy Bourgeois.

 

 

"L’analyse du document fait apparaître un territoire bourguignon-franc-comtois à deux voire trois vitesses quant à l’offre de santé. Nous craignons que la concentration des moyens et de l’offre accentue les inégalités et iniquités territoriales"

 

Même son de cloche pour l'opposition, qui par la voix de Jean-Philippe Lefèvre observe :

"Le texte du Projet Régional de Santé ne traduit pas les ambitions affichées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et ne fait pas confiance aux acteurs des territoires. L’ARS a accepté des avancées réelles sur certains points mais notre groupe estime que cela reste notoirement insuffisant".

Aussi, l'adjoint au maire de Dole, en charge de la Culture et de l’Événementiel, souligne :

"La question du financement des mesures proposées par le PRS inquiète notre groupe. Le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale prévoit des économies conséquentes : 2,7 milliards d’euros d’économies pour les régimes obligatoires de base et le fonds de solidarité vieillesse en 2018 et 36 milliards de réduction de dépense publique imputée aux administrations de sécurité sociale d’ici 2022 selon les hypothèses publiées par la cour des comptes. Le problème majeur du PRS est l’absence totale de financement et l’absence d’un calendrier de mise en place des mesures ! Nous demandons donc à l’ARS d’évaluer les financements nécessaires à la mise en place de chaque mesure puis de prendre des engagements financiers chiffrés en conséquence".

Et de conclure :

"L’analyse du document fait apparaître un territoire bourguignon-franc-comtois à deux voire trois vitesses quant à l’offre de santé. Nous craignons que la concentration des moyens et de l’offre accentue les inégalités et iniquités territoriales. Toute l’organisation qui est proposée repose sur l’existence d’une médecine de ville dynamique. Or, de nombreux territoires sont dans une situation de démographie médicale dramatique et aucune solution viable n’est proposée pour répondre aux carences territoriales. Les éléments mis en avant soulignent combien ce Projet régional de Santé n'est pas à la hauteur des enjeux. De plus, alors que le Projet régional de Santé n'est que l'exécution de la politique gouvernementale, il ne prend pas en compte le plafonnement des dépenses que le gouvernement tente d’imposer aux collectivités. Voilà pourquoi les élus du groupe Union des Républicains de la Droite et du Centre ont émis un avis défavorable sur ce PRS 2018-2022".

 

Contactée par notre rédaction, l'ARS n'a pas souhaité commenter le vote unanimement prononcé en défaveur de son Plan régional de santé, par l'ensemble de l’exécutif régional.

 

 



 

 

 

 

 

 


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