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Pêche à la truite: une saison schizophrénique

  • Thierry Labartino et cette truite arc-en ciel de 58 cm qui a été attaquée par un poisson encore plus énorme à Pont-de-Poitte.
  • Thierry Labartino et cette truite arc-en ciel de 58 cm qui a été attaquée par un poisson encore plus énorme à Pont-de-Poitte.
Avant de connaître les affres de la sécheresse, la saison avait très bien commencé sur Champagnole. Parmi les touristes, certains disciples de Saint-Pierre développent des techniques très innovantes, comme la « nymphe au toc ».

Thierry Labartino, Dijonnais de  58 ans, passe tous ses week-ends de la belle saison à proximité de Foncine, où il élit « résidence secondaire » avec son épouse dans sa caravane. C’est dire à quel point ce pêcheur de truites est tombé amoureux des rivières jurassiennes, l’Ain et la Saine en tête, tout comme un grand nombre de pêcheurs locaux, départementaux, régionaux et étrangers (Suisses, Allemands, Belges, Suédois, etc...).

« C’est le paradis pour les pêcheurs, tant au niveau de la qualité de l’eau, que de la quantité de salmonidés » confie-t-il. Et en effet, il suffit de se promener au bord de l’Ain pour apercevoir nombre de « mémères » de 40 à 60 cm musardant au gré des courants. Une population piscicole exceptionnelle, qui tranche avec la Bienne : l’ex-meilleure rivière du Jura se meurt au gré de pollutions récurrentes et jamais endiguées.

Des truites de 45 cm et plus

 

L’Ain ferait donc de ce fait figure de valeur refuge, mais il n’y a pas que cela : « J’ai été très bien accueilli ici, contrairement au Chatillonais où prolifèrent barbelés, parcours privés et parfois remarques désobligeantes ». Le passionné teste avec succès une technique très innovante, empruntée à la pêche à la mouche : « la nymphe au toc ». Grâce à l’imitation plombée d’une larve subaquatique, il a déjà bataillé plusieurs fois avec des truites mesurant plus de 45 cm sur des lignes très fines. Car là est le plaisir, avant de remettre avec précaution toutes ses prises à l’eau (no-kill). Hélas les niveaux d'étiage très sévères dus à une canicule interminable ont conduit à des mortalités sur des petit cours d'eau ou sur des poches d'eau isolées. D’autant plus que “la qualité de l'eau reste toujours inquiétante pour l'Ain dès le début du cours d'eau au niveau de la source de la papeterie et sur l'ensemble de notre parcours” constate Pascal Grenier, président de la Gaule régionale champagnolaise (GRC).

Le parcours « no-kill » plébiscité

 

Cette AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) poursuit néanmoins ses travaux au long cours : élagage et amélioration des chemins, réduction d’embâcles quand ils représentent un risque, pancartage et achats de rives (3 dossiers en cours). La nouvelle maille à 30 cm a été bien acceptée par la majorité des pêcheurs, conscients de protéger les richesses halieutiques fortement menacées par le dérèglement climatique. D’après Pascal Grenier, le nouveau parcours no-kill (au Goux Charpeau, en aval des ateliers municipaux) a “très vite trouvé sa place, répondant ainsi  à l'attente d'un grand nombre de pêcheurs”. La possibilité d'en agrandir le linéaire est donc dans les tuyaux. Enfin, la relève semble là puisque 3 stages ont permis à plusieurs dizaines d’enfants de s’initier à cette passion mêlant persévérance, technique, et amour de la nature. Il reste encore quelques semaines pour pêcher, la fermeture aura lieu le dimanche 16 septembre.

 


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