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Lutte contre l'ambroisie : un enjeu majeur de santé publique

  • Crédit photo : Marc Vuillemenot - CBNFC-ORI.
  • Crédit photo : Marc Vuillemenot - CBNFC-ORI.
  • Carte de répartition de l’ambroisie en Franche-Comté. Source : TAXA - Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés.
  • Michel Brignot, pneumologue allergologue dolois.
Le pollen de l'ambroisie provoque chez de nombreuses personnes de conséquentes réactions allergiques. En Franche-Comté, 6 à 12 % de la population y est sensible. L'année dernière, les coûts de santé liés à l'ambroisie, estimés à partir des remboursements de dépenses de soins ambulatoires et des arrêts de travail, étaient évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros dans le secteur centre-Est. Un réel problème socio-économique...

Ambrosia artemisiifolia, l'ambroisie à feuilles d'armoise, communément appelée Ambroisie, fait partie de la famille des composées (Astéracées).
C’est une plante envahissante qui provient d’Amérique du Nord. L’Homme est le vecteur principal de son introduction et de son expansion. Elle pousse préférentiellement dans les cultures de printemps et plus particulièrement le tournesol, les terrains abandonnés, les friches, le long des routes, des voies ferrées, des vergers…
Son pollen est très allergisant, il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d’air pour que les symptômes apparaissent. 6 à 12 % de la population exposée sont allergiques à l’ambroisie. Depuis environ 20 ans, elle est en pleine expansion et colonise une grande partie de la France. Les pollens sont libérés d’août à septembre avec généralement un pic vers la mi-août.
 
Principale cause d'allergies

Alors que les classiques rhumes des foins apparaissent en mai-juin, les allergies provoquées par le pollen d'ambroisie sont beaucoup plus tardives : elles commencent en général vers la mi-août et peuvent se prolonger jusqu'en octobre, avec un maximum d'intensité en septembre. A cette période, l'ambroisie est la principale cause d'allergies. Le diagnostic est donc assez facile à poser dans les régions où la plante est présente, ainsi que dans les zones où le vent est capable d'apporter du pollen

Les symptômes

Les symptômes les plus courants sont de même nature que le rhume des foins.

Ils prennent plusieurs formes. Rhinite : nez qui pique, coule, éternuements. Conjonctivite : les yeux sont rouges, gonflés, larmoyants et ils grattent. Trachéite : toux sèche. Asthme : difficulté à respirer, parfois très grave chez les personnes sensibles. Urticaire , Eczema : atteintes cutanées (rougeurs, boutons, démangeaisons).

Les symptômes sont d'autant plus prononcés que le taux de pollen dans l'air est élevé.


Destruction obligatoire ! 

Sa destruction, rendue obligatoire par arrêté préféctoral dans le département du Jura depuis 2007, et depuis 2014 dans le Doubs, en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, mobilise des crédits publics spécifiques.

Si l'ambroisie est observée sur un terrain, il faut organiser une intervention rapide visant à la supprimer.
L'intervention doit être adaptée au stade de développement de la plante et à l'envergure de l'infestation ou la surface touchée ainsi qu'au milieu (espace) concerné.


Empêcher la floraison

Pour cela il faut supprimer les fleurs mâles pour empêcher d'abord l'émission de pollen, ensuite la production de graines. L'arrachage est le geste le plus simple et le plus radical mais ne peut pas être appliqué sur de grandes surfaces. L'utilisation des outils mécaniques (fauchage, broyage, tonte rase ) reste nécessaire dans beaucoup de cas. En milieu agricole on est souvent obligé d'avoir recours à la lutte chimique...
Figurant certainement parmi les espèces végétales les plus médiatisées, cette plante mobilise depuis quelques années toutes les structures institutionnelles de la région et tous les acteurs des communes concernées par sa présence.


L'éclairage de Michel Brignot, pneumologue allergologue :

Michel Brignot, que faut-il savoir sur l'ambroisie ?
C'est une essence continentale nord-américaine qui occasionne beaucoup de dégâts sanitaires sur de nombreux bassins d'agglomération : asthme, rhinite, cojonctivite... Un fléau qu'il ne faut pas négliger, car l'ambroisie devient aujourd'hui la cause d'un absentéisme professionnel conséquent ! Problème socio-économique évalué à plusieurs dizaines de millions d'euros de préjudice.

Pourquoi et comment est-elle apparue dans notre région ? 
On ne connaît l'ambroisie que depuis une trentaine d'années, depuis que la plante est arrivée sur notre territoire par le biais de vols transatlantiques. Très volatile, elle a peu à peu colonisé les axes routiers ou autoroutiers de Marseille à Lyon, pour remonter toujours davantage vers le nord-est. Depuis une dizaine d'années elle est parvenue en Franche-Comté. Les premiers foyers ont été detectés dans la plaine de Bletterans. Aujourd'hui son territoire s'est étendu à la région doloise et un peu partout autour.


D'un point de vue clinique, comment s'en prémunir au mieux ?
L'allergie se traite assez facilement, avec des antihistaminiques. On peut aussi envisager une désensibilisation si besoin. Si elle ne touche encore qu'environ 10 % de la population, d'ici quelques années, l'allergie à l'ambroisie sera devenue commune. Cela dit, le traitement le plus efficace reste l'éradication de la plante. 
Dans chaque commune du Jura, l'on peut trouver un référent qui a pour mission d'apprendre à l'identifier et l'arracher. 

Complément d'informations : 
Site internet : www.ambroisie.info
Mail : contact@signalement-ambroisie.fr
Tel : 0 972 376 888


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