Hebdo 39 Lons-le-Saunier


Limitation à 80 km/h : une nouvelle conduite à tenir...


  • Emamnuel Barbe (à d.) a prêché la bonne parole en compagnie du préfet du Jura.
  • "Le vrai problème est de faire respecter le 90 km/h et non de passer à 80 » pour Jean-Marie Sermier.
Automobilistes du Jura et de Navarre, prenez garde ! Au-delà du 80 km/h qui entre en vigueur le dimanche 1er juillet, point de salut. Mesure de salut public pour les uns, hérésie pour les autres, le point sur ce changement de conduite qui impacte fortement tous les jurassiens.

 

Pour Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière qui la semaine dernière, était en visite dans le Jura, cela ne fait aucun doute : 300 à 400 vies pourront être épargnées chaque année parmi les 3600 morts décomptés chaque année en France. Cela grâce au passage à 80 km/h généralisé dans tout l’hexagone à compter du dimanche 1er juillet. Et grâce à une théorie maintes fois vérifiée selon lui en pratique, tant à l’étranger que dans notre histoire : « 1% de vitesse en moins, c’est 4% de morts en moins ; et 7% de vitesse en moins, c’est 35% de morts en moins ».

« C’est une expérience de 2 ans, on arrêtera si cela ne marche pas » a déclaré pour sa part Emmanuel Macron…sauf que Mr « Sécurité routière » a mis sa main à couper en préfecture du Jura le 13 juin, que les résultats seront atteints. Le provisoire risque donc de durer...

 

Quelques minutes perdues

 

D’après lui, les résultats menés dans des départements tests ont permis de faire baisser la vitesse réelle de 6 km/h pour les voitures, et 2 km/h pour les poids-lourds. Une majorité de véhicules roulant désormais à une vitesse similaire, la circulation lissée sera plus fluide selon lui.

Autre argument massue : « Vous ne perdrez qu’une poignée de secondes ou quelques minutes sur vos trajets quotidiens (40 à 50 km en moyenne journalière par France). On ne roule pas toujours à 90 km/h en raison des villes et villages, des zones à 30, 50 ou 70 km/h. A l’inverse, si vous roulez fort, vous gagnez seulement quelques minutes ».

Taclant le côté irrationnel du français une fois passé derrière le volant, le délégué a rappelé que 80% des accidents sont imputables à des facteurs ou erreurs humains (seulement 20% pour des facteurs extérieurs ou matériels). Il a rappelé le dicton populaire « Homme au volant, mort au tournant », mettant en lumière la bonne conduite féminine.

 

« Une mesure de rupture »

 

Des femmes qui ont sans doute pesé dans un autre chiffre étonnant :

« 68% des automobilistes ont peur au volant » selon la Sécurité routière. Et c’est en leur nom, et au nom d’une « majorité silencieuse » de bons automobilistes (80% des français possèdent 12 points sur leur permis), qu’Emmanuel Barbe a justifié cette « mesure de rupture ».

« En 1972, il y avait 18 000 morts par an sur les routes. Et à chaque mort correspondent 7 blessés graves (handicapés, cérébro-lésés, etc.). Ce chiffre a décru jusqu’en 2014, mais il est reparti à la hausse en 2014. Il fallait donc agir ». Richard Vignon, préfet du Jura, a pour sa part fait état de « mauvaises statistiques : les résultats ne sont pas à la hauteur de nos efforts. En 2017, on a dénombré 32 morts : le double de la moyenne nationale. En 2018, la tendance semble un peu à la baisse, les accidents mortels semblent diminuer…/…mais il faut rester vigilant ».

 

 

 


« On puni 95% des conducteurs au lieu d’une minorité de chauffards »

En tant que chef de file de la contestation, Jean-Marie Sermier, député du Jura, déclare d’entrée de jeu être « très soucieux des problèmes d’accidentologie routière : il faut tout faire pour que le nombre de blessés et de mort diminue ». Il estime cependant que d’autres solutions auraient pu être trouvées, dénonçant une « absence totale de concertation. On puni 95% des conducteurs au lieu d’une minorité de chauffards très dangereux. J’accuse Emmanuel Barbe de faire de la philosophie sur le dos des conducteurs. Le vrai problème est de faire respecter le 90 km/h et non de passer à 80 ».

Fustigeant une « attaque contre la ruralité », il rejette en bloc les arguments relatifs au temps de parcours peu modifiés : « Les routes seront davantage engorgées ». En cause selon lui, l’augmentation du trafic de fourgonnettes (provenant en majorité des pays de l’Est N.D.L.R.) et de camions. Leur dépassement sera en effet problématique, puisqu’il se fera forcément en excès de vitesse. Selon le député, le 80 km/h alimentera un « faux sentiment de sécurité ». Sur une belle route dans de belles lignes droites, qui ne sera pas tenté de jeter un œil à son portable, tandis qu’il se traine ?

 

10 000 signatures contre le 80

 

Les équations mathématiques liant baisse de la vitesse et baisse de la mortalité n’ont jamais été vérifiées selon le député, par exemple en Suisse et au Danemark.

Quant à l’expérimentation menée pendant 2 ans sur 300 km de routes, « le peu de chiffres dont on dispose ne sont pas représentatifs » par manque de matière.

Pour l’élu dont la pétition « non au 80 km/h » a rassemblé près de 10.000 signatures dans le Jura, d’autres solutions auraient pu être trouvées : tout d’abord instaurer des limitations de vitesse sélectives, sur les portions de route réellement accidentogènes.

« Il y avait des accidents sur la déviation de Dole lorsque j’étais maire, nous l’avons donc passée à 70 km/h ». Les députés LR (Les Républicains) ont d’ailleurs déposé le 21 juin une proposition de loi pour donner aux préfets, présidents de conseils départementaux et maires la possibilité d’instaurer des limitations de vitesse sélectives. Faire confiance à la sagesse des hommes de terrain, voilà le sens de cette proposition qui va à l’encontre d’une décision perçue comme parisianiste.

« A Paris on roule d’ailleurs rarement à 80 km/h » relève au passage Jean-Marie Sermier. Du reste, la vitesse ne constitue selon lui pas forcément le facteur prédominant des accidents, il y a également tous ceux liés aux « substances illicites » ou à l’alcool.

 

Un acharnement injustifié

 

Autre solution d’avenir : les nouvelles technologies, qu’elles touchent aux voies routières ou aux véhicules. « L’assistance à la conduite peut, grâce à des caméras et un ordinateur, réagir 100 fois plus vite qu’un cerveau humain ». Surveillance des angles morts lors des dépassements, freinage d’urgence, régulateur de vitesse, ect. : voilà autant de pistes à creuser et à améliorer (puisque certains véhicules en sont d’ores et déjà équipés) en concertation avec les constructeurs.

Très remonté, Jean-Louis Sermier estime également que l’acharnement des pouvoirs publics sur les conducteurs n’est pas justifié. Qui parle et s’occupe des suicides (en particulier des jeunes, des agriculteurs, des forces de l’ordre ou d’autres professions) ? Plus de 9 000 morts/ an selon l’Insee, soit trois fois plus que les accidents de la route). Qui s’occupe des accidents domestiques, « beaucoup plus dangereux que les accidents de la route » ?

Silence…


 

Les exceptions

 

Le 80 km/h sera la norme, même en l’absence de panneautage spécifique. Seules les routes à deux voies sont concernées par la mesure. Le 90 km/h restera donc en vigueur sur les portions de route à 4 voies ou à 3 voies. Idem sur les autoroutes (130 km/h, 110km/h en cas de pluie) ou les voies rapides à 4 voies (110 km/h).


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