Hebdo 39 Lons-le-Saunier

Le sentiment d’abandon des ruraux prédomine


  • L'AMF a donné sa position sur les différents sujets d'actualité
Mardi dernier, le bureau de l’association des maires et présidents d’intercommunalités du Jura (AMJ) a convié la presse afin d'évoquer différents points d'actualité. Cela, à une semaine du 100ème congrès national des maires qui se profile et qui laisse présager bon nombre de réactions tumultueuses...

Le gros sujet d’actualité de l'association des maires du Jura est le congrès des maires, qui fête déjà son centenaire. Le Président de la République, Emmanuel Macron sera de la partie, l’occasion pour la délégation jurassienne, ils seront une soixantaine à se déplacer Porte de Versailles à Paris, de voir si ce dernier va les conforter dans leur idée qu’on ne peut pas réussir la France sans les communes.
« Le Président Macron est très attendu des élus. Nous voulons voir comment réussir la France avec les communes. Nous pensons que nous ne pouvons pas faire sans », confie Bernard Mamet, président de l'association des Maires du Jura.
La délégation jurassienne qui restera deux à trois jours dans la Capitale est très solidaire, d’un village, d’une ville à l’autre. Une union plus que bien vue quand on sait que les « urbains » valent deux fois plus que les « ruraux »... Ce qui conforte le sentiment que les zones rurales passent encore et toujours après les grandes villes.
« On ne peut pas réussir la France sans les communes. Il faut nous faire confiance, nous laisser le temps de faire face aux évolutions. Je regrette la brutalité des changements de cet été, où on nous a coupé des moyens d’action.  Nous voulons tous aller dans le même sens, réussir la France avec les communes », martèle Grégoire Durant, le secrétaire général de l'association des Maires du Jura.

Un sentiment d’abandon des ruraux

Un appel avait été lancé par le Président de la République et son Premier ministre, Édouard Philippe pour entendre les différentes communes. 225 maires jurassiens ont répondu aux différentes questions entre le 27 septembre et le 13 octobre. Le constat est sans appel c’est un sentiment d’abandon des ruraux qui prédomine, suivi d’une inquiétude sur les hausses des contraintes budgétaires. Se pose également la question des prochains rendez-vous électoraux. Certains maires craignent de ne plus avoir un effectif assez conséquent pour créer des listes électorales, avec un conseil municipal complet. En comparaison avec la crise du bénévolat, les maires le paient à leur tour. La majorité des élus sont bénévoles et leur nombre diminue notamment à cause des rythmes des réformes.
« Heureusement, il y a encore des gens passionnés », se rassure le président jurassien.
Les élus départementaux attendent donc le Président Macron de pied ferme, suite à cette concertation.
« Nous voulons voir ce qui va être fait avec ce travail-là. La ruralité sera-t-elle prise en compte ? Nous sommes d’accord avec la méthode, mais nous attendons de voir la réalité. Nous sommes contents d’être écoutés, maintenant nous voulons être entendus », explique Jean-Louis Maitre, premier vice-président de l’association des maires du Jura.

Ne pas trop s’éloigner du territoire

Une appréhension autour des fusions de communes plane également dans l’air. L’AMJ a une crainte que ces différentes reprises en main ne créent de trop grands écarts. Le Jura a déjà connu une vingtaine de fusions, sur la base du volontariat. « Si ce n’est que pour le plan économique, cela ne marche pas. Il faut une cohérence », déplore Grégoire Durant. Les maires du Jura craignent que certaines fusions ne se fassent que pour la « carotte financière » et ne fonctionnent pas par la suite. Ces derniers souhaitent trouver une bonne échelle pour travailler ensemble.

Un projet de loi de finance 2018, qui inquiète vivement les maires

Pour Jean-Louis Maitre ce projet de loi est synonyme d’espoir, de désespoir et d’inquiétudes. Une appréhension et une incertitude qui touchent une grande majorité voire la totalité des maires jurassiens. La taxe d’habitation est le gros point noir de ce projet. « Vu l’érosion, on ne s’y retrouve pas », regrette le premier vice-président de l’association des maires du Jura. Cette taxe d’habitation se recentralise et dépend des subventions qui descendent de Paris, soit l’opposé de la ruralité...
« On nous enlève un levier direct avec nos citoyens. Le prélèvement de l’impôt, c’était un lien direct avec nos administrés », s’insurge, le maire de Dampierre, Grégoire Durant. C’est donc une perte directe de responsabilités, que vivent les maires avec ce choix, sans révision, des valeurs des bases. Selon l’AMJ 39 : « Cette prise de décision va maintenir les inégalités ».
Les craintes viennent des pertes d’argent que pourrait occasionner cette revalorisation parisienne de la taxe d’habitation.
« Sur l’année N, nous devrions être remboursés à l’euro près, mais qu’en sera-t-il les années d'après ? », s’inquiète Bernard Mamet, qui vit cette réévaluation comme une mise sous tutelle.
Une instabilité qui rend la visibilité à moyen-long terme assez difficile pour les différents maires et leurs équipes.

Une grande précarité de la fonction publique

Dans une période où tout bouge que ce soit les régions, les communautés de communes, ou les nouvelles communes, s’ajoute à cela une complexification des normes. Une difficulté de taille dans le choix et le nombre de personnel.
« Au nom de la nouvelle intercommunalité, je trouve que ce n’est pas normal. On ne peut pas pallier le désengagement de l’État », martèle Jean-Louis Maitre.
Tous ces changements nécessitent des compétences en plus. Pour ce qui est des suppressions des emplois aidés, ce fut une douloureuse rupture qu’ont vécu les personnes touchées par ses arrêts de travail.
« Cela s’est mal passé pour ces gens. Nous pensons à eux en premier », raconte chagriné le président de l'association des Maires du Jura.
Ces suppressions ont mis à mal un certain nombre de services comme ceux du scolaire, du périscolaire, des sports et des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Des disparitions de poste qui ont eu des conséquences sur les collectivités et des conséquences sociales pour les gens. Tous les maires présents, se sont accordés en concert, sur le fait que ces emplois n’étaient pas fictifs et que les communes n’embauchaient pas pour le plaisir...

Quelles solutions pour les rythmes scolaires ?

La question d’un retour ou non aux 4 jours d'école n’a pas beaucoup bougé. L’inspecteur souhaite une réponse d’ici à la fin du mois de novembre pour le cas du Jura. Et celle-ci ne sera pas neutre !
« Ce qu’on ne fait pas dans le scolaire, on le fait en périscolaire. Les jeunes se lèveront toujours aussi tôt le mercredi », observe, désabusé, le maire de Dampierre.
La tendance est partagée dans le Jura. Pour que cela passe, il faut que les conseillers municipaux et les conseillers d’école soient d’accord sinon il faudra une dérogation. Si on retourne aux 4 jours, la France serait l’un des seuls pays d’Europe avec ce rythme scolaire. Certains maires espèrent que tout le monde ne soit pas obligé de faire pareil, laissant ainsi une option possible de choix et donc plus de libertés.

Un organise de formation interne au département

Lassé de devoir toujours se déplacer sur Paris pour les différentes formations, le Jura et ses élus ont désormais leur propre organisme de formation. Le département n’est pas précurseur mais fait partie des premiers à avoir imposé cette idée sur son territoire. Une belle innovation pour le département qui a déjà mis en place divers programmes de formation.
« Cela fait un petit moment que nous y pensions. On se rend compte que c’est un besoin de former les élus notamment sur le Pacs depuis la Toussaint » développe Fabrice Castro, directeur de l’association des Maires du Jura.
Avant les élus, avaient plus d'informations que de formations à proprement parler.  Désormais ils vont pouvoir se former à différents sujets. Avec leur Dif, tous les élus ont le droit à 20 heures de formation, gratuites.
Depuis septembre dernier, les formations ont débuté sur les terres jurassiennes avec des consultants et des avocats pour parler des sujets importants comme les solutions pour les immeubles en ruine, considérés comme menace, mais aussi l’optimisation de la fiscalité des ménages et de la communication avec un zoom sur les voeux à venir. La formation numéro  1 est celle de la gestion des cimetières. La formation du 20 décembre prochain est déjà complète tout comme celle prévue en janvier 2018.
Pour l’année à venir, de nombreux sujets vont être abordés comme la préparation du budget communal, la gestion de la dette de la trésorerie, les demandes d’aide aux fonds européens et le pouvoir de police du maire. Des premiers retours très encourageants semblent remonter de ces premières formations, qui sont très importantes aux vues des évolutions du poste de maire. Affaire à suivre...


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