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L'invité de la semaine : Olivier Weber

  • Olivier Weber aime à se définir comme écrivain voyageur, écrivain aventurier...
  • Olivier Weber aime à se définir comme écrivain voyageur, écrivain aventurier...
Ecrivain aventurier, Olivier Weber est le parrain de la troisième édition des Rendez-vous de l’Aventure, festival de films et de livres sur le voyage, l’aventure et l’exploration, qui se tiendra dans le Jura, du jeudi 15 au dimanche 18 mars. Rencontre atypique.

Olivier Weber, pourquoi avoir accepté de parrainer ce festival ?

J’ai trouvé l’organisation de ce festival convaincante et si le regard porté n’est pas nouveau, il est frais.

Et puis je privilégie ce genre de festival où il y a une approche humaine. Revenant d’expédition en Sibérie, cela est cohérent...

 

Vous allez présenter votre film, « Au-delà de la lumière, Défi Baïkal ». Pouvez-vous nous nous présenter cette traversée du mythique lac Baïkal, en plein cœur de l’hiver glacial de Sibérie ?

A la base, j’étais le parrain d’une expédition qui s’est décidée entre passionnés de haute montagne et malvoyants. J’avais l’idée de les accompagner. Et puis j’ai éprouvé une telle joie à préparer cela pendant un an que je me suis dit, il faut faire un film.

J’ai eu une approche beaucoup plus sensorielle, beaucoup plus mentale, que dans mes autres films. Cela donne un film sans commentaire, ce qui est difficile à défendre auprès de France Télévisions. Mais ce film est important pour moi, il donne des éléments pour se battre et se relever.

 

Quel est le film que vous avez préféré réaliser ?

Celui sur l’Amazonie, sans commentaire également, qui est passé au cinéma et qui parle de la mondialisation, de la déforestation. Son titre est « La fièvre de l’or ». Il montre comment l’homme détruit son paradis. Un livre en est sorti. J’ai fait également beaucoup de films sur l’Afghanistan et les Talibans, mais celui-là m’a le plus pris aux tripes et « Défi Baïkal ».

 

Quel livre venez-vous faire découvrir aux Jurassiens ?

« Frontières ». Je l’ai écrit en deux ans de voyage entre l’Iran et l’Irak. Je suis passé par une quinzaine de pays avant de finir par la frontière italienne. Dedans je m’interroge sur ce qu’est une frontière. Je parle de douaniers corrompus, de policiers véreux, d’humanitaires, de trafiquants de drogue… J’aimerais aussi mettre un petit coup de  projecteur sur un autre de mes livres, « L’enchantement du monde » chez Flammarion…

 

Comment choisissez-vous ces voyages ?

Par affinité. Parce que j’ai envie d’écrire une histoire, un roman, un documentaire, des fois les deux. Ça se décide comme ça. C’est le choix d’aventure. Il faudrait que je reste en France pour écrire un roman et un dictionnaire amoureux sur lesquels je travaille actuellement, mais j’ai la bougeotte...

 

Vous avez d’autres projets sur lesquels vous restez forcément discrets ?

J’ai des expéditions et des voyages en cours…

 

Lors de la soirée de lancement du festival, vous avez dit que cette passion vous était venue très jeune. Pouvez-vous le réexpliquer à nos lecteurs ?

Très jeune, j’ai eu la chance de lire Goethe, Cervantès, Jack London, qui m’a donné envie d’écrire et de voyager. C’est ainsi que j’ai voulu devenir grand reporter.

 

Ne seriez-vous pas aussi un amoureux de montagne ?

Absolument, j’aime beaucoup, d’où cette expédition en Sibérie. Je reviens des montagnes des Alpes du Sud où j’ai grandi…

 

Vous avez un lieu où poser vos valises. Est-ce que vous vous y sentez bien ?

J’ai la chance d’habiter Paris et de repartir. C’est comme un camp de base. J’aime bien écrire à Paris, mais j’aime aussi écrire à l’étranger. Ecrire, c’est s’enfermer et travailler face à un mur, mais les belles images des voyages sont dans la tête. J’essaie toujours de retourner au Kurdistan en Irak car j’y vais depuis vingt-cinq ans et j’aime beaucoup les Kurdes. Il y a eu beaucoup de prises de risque sur le terrain. Il faut les soutenir. Je ne comprends pas que les Occidentaux les laissent tomber, comme en Syrie…

Mais maintenant, je suis moins reporter de guerre qu’écrivain.

 

Avez-vous un rêve difficile à atteindre ?

C’est une question difficile. Il faut aller au bout de ses rêves. Les rencontres avec Massoud, le Dalai Lama, San Suu Kyi m’ont marqué. Celle aussi avec un prêtre indien au bord du Gange qui m’a dit : « Dieu, quel qu’il soit, a mis dans chacun d’entre nous une étincelle ».

Les rêves, il faut les concevoir, en avoir plein la tête et souvent on les réalise. J’ai eu beaucoup de chance avec une vie chaotique enfant, j’ai réussi à devenir grand reporter. J’ai la chance d’être en vie car 15-16 fois, cela s’est mal passé, j’ai reçu des menaces de mort en Afghanistan, en Algérie, en Irak… Le rêve que je désire le plus, c’est pouvoir continuer à écrire.

Il faut être en forme, physiquement. Je fais des footings pour écrire ! J’espère avoir la forme pour écrire, voyager… J’ai besoin de voir le monde, discuter avec les gens… Des rêves, j’en ai plein, retourner sur la route de la Soie, en Himalaya, aller en Afrique du Sud, écrire.

 

Un dernier message ?

Je suis heureux de venir à Lons, de pouvoir parler de mes passions d’être écrivain voyageur, écrivain aventurier. J’ai eu différents prix, dont le prix Joseph-Kessel dont je suis aujourd’hui le président et je voudrais en parler pour encourager les plus jeunes que nous maintenant.

 

 

 


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