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L'invité de la semaine : Denis Lamard

  • Denis Lamard.
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Rencontre avec un élu de Saône-et-Loire singulier, électron libre d'une gauche en pleine reconstruction.

Denis Lamard, vous êtes conseiller régional Bourgogne Franche-Comté, membre du Conseil national du PS et venez de quitter le Parti Socialiste. Pourquoi cette soudaine décision ?

Je me suis engagé au PS le siècle dernier pour une raison simple : défendre les plus modestes, la classe populaire dont je suis moi-même issu. Le Parti socialiste a perdu cet objectif. Je ne m’y retrouve plus sur le plan des valeurs. J’avais déjà pris mes distances au moment des attaques du modèle social par la fallacieuse loi travail El Khomri et quand Hollande et Valls ont trahi les ouvriers de Florange et les promesses de justice sociale et fiscale.

Le PS refuse toujours de tirer les leçons du quinquennat précédent. Il en est presque à demander le retour de François Hollande ! Et lorsque je vois que les dirigeants du PS s’apprêtent à se vendre aux libéraux sur le plan européen et hésitent pour certains à flirter avec Macron ça suffit pour moi l C’est la scission !

 

Vous ambitionnez de créer avec "un Nouveau Front Populaire". Plus précisément, qu'attendez-vous de ce nouveau mouvement politique ?

Le Parti Socialiste n’est plus en mesure de rassembler à gauche. Il est indécrottable !

Longtemps nous avons hésité entre rester dedans pour changer le PS de l’intérieur ou partir et créer un autre mouvement. Lorsque je croise des camarades d’autres formations de la gauche qui refusent de parler avec des socialistes je me dis qu’il est temps d’avoir une nouvelle maison, certes modestes au départ mais qui pourra parler ensuite à toute la gauche. «Mieux vaut un petit chez soi, qu’un grand chez les autres » est-il écrit sur une assiette au mur chez ma grand-mère.

J’ai vu comment Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienmann sont capables de s’adresser à tout le monde à gauche, c’est une grande force. Ensemble nous allons dresser de nouvelles perspectives, redonner force à la règle commune contre l’individualisme, protéger notre unique planète contre le productivisme, investir dans les moyens publics d’émancipation contre le libéralisme. Un programme de gauche.

 

Comment envisagez-vous les prochaines échéances électorales ?

Elles doivent s’appréhender dans une opposition claire à Emmanuel Macron ! Il n’y a jamais eu autant besoin de gauche dans le Pays pour faire face au mépris du Président de la République pour les plus faibles d’entre nous, les retraités, les salariés qui n’ont que leur travail pour vivre, les jeunes…

Nous avons le devoir d’unir nos forces et de rassembler en vue des Européennes et des élections locales à venir. Je lance un appel à tous les déçus du PS pour qu’ils rejoignent notre initiative. La plus grande fédération PS, c’est celle de ceux qui sont déjà partis.

Enfin, rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger. Je milite donc pour une gauche inclusive qui fédère toutes les familles y compris les électeurs de la France Insoumise. Se mettre d’accord sur les 10 mesures phares de soutien aux plus modestes et partir ensemble dans la bataille contre le pouvoir en place. Il n’y a plus de temps à perdre !

 

A la Région, la majorité de gauche à laquelle vous appartenez semble fragilisée... Quelque peu contrainte au grand écart entre Macron-compatibles et opposants d'une aile gauche plus affirmée. Comment vivez-vous cette situation en tant qu'élu régional ?

La majorité est plurielle c’est le moins qu’on puisse dire ! Je ne suis pas le seul à avoir choisi une autre voie que le PS, d’autres soutiennent ouvertement le gouvernement actuel… Mais nous avons été élus en 2015 sur la base d’un programme que nous partagions tous.

Tant que nous faisons ce qu’on a promis aux Bourguignons Francs-Comtois et qu’on respecte notre programme je resterai dans la majorité sans état d’âme. Mais si on sort de nos promesses, par exemple en ne proposant pas des transports scolaires totalement gratuits pour les familles alors les choses risquent de se passer autrement…

 

Vous êtes aussi le président des Amis de la rose qui organise chaque année a fête de Frangy-en-Bresse. Qu'en sera-t-il du devenir de cette manifestation ?

Nous allons en parler avec les camarades. De toute façon la grande majorité des organisateurs de la Fête de Frangy ne sont déjà plus au PS. Nous avions lancé l’été dernier l’idée d’une « coopérative des gauches » pour faire de Frangy-en-Bresse une plateforme de dialogue en laissant davantage la parole aux sympathisants et moins de place aux discours magistraux donneurs de leçon.

Ce mouvement de retour aux fondamentaux est enclenché. Le rassemblement de fin août continuera d’occuper sa place médiatique comme à chaque rentrée politique.


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