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L'Hebdopolitique


Le dilemme européen…

À onze mois de l’échéance, les élections européennes du mois de mai 2019, semblent plus importantes que jamais. Un choc annoncé entre ceux qui veulent réformer l’Union Européenne à marche forcée et ceux qui veulent la faire exploser. Une lutte sans merci entre Emmanuel Macron et une coalition composée, entre autres, de l’Italien Matteo Salvini, du Polonais Jaroslaw Kaczynski, du Hongrois Viktor Orban et des troupes envoyées par le nouveau Rassemblement National (ex-FN). 

Le choc provoqué par l’élection italienne, qui a vu l’émergence pour gouverner, d’une « combinazione » dont l’Italie a le secret, entre deux partis que tout oppose mis à part un rejet viscéral de l’Union Européenne, jugée responsable de la totalité des malheurs du pays, est symptomatique à la fois d’une colère qui traverse actuellement les peuples du vieux continent, mais aussi de la fin du condominium gauche-droite. En formant une seconde équipe, après le rejet par le Président Mattarella de la composition d’une première formation gouvernementale résolument trop anti-européenne, les responsables du parti d’extrême-droite « la ligue » et les populistes du mouvement 5 étoiles sont cette fois arrivés à convaincre le Chef de l’État. Donnant tort par cette occasion aux procureurs de l’Union qui avaient immédiatement criés au complot face au refus de Mattarella de nommer un Ministre des Finances aux positions extrêmes… 

Malgré une doctrine Européenne forte, la France ne parvient pas suffisamment à faire bouger les lignes. Emmanuel Macron, qui a fait de l’Europe la grande cause de son quinquennat se retrouve pris à son propre piège (voir nos éditions du 23/04/2018). Malgré des intentions fortes, exprimées dans ses discours de la Sorbonne, d’Athènes ou encore récemment à Aix la Chapelle, le bilan européen du Président Français reste maigre. Le succès obtenu sur la révision de la directive « travailleurs détachés » ne peut faire oublier les revers essuyés sur l’interdiction du glyphosate, sur la réduction du budget de la PAC, ou encore l’absence d’avancées concrètes sur une meilleure intégration budgétaire à l’échelle continentale. 

L’ambition est immense à l’heure où le populisme anti-européen gagne du terrain. Avec une volonté d’ouvrir un vaste chantier de refondation, Emmanuel Macron s’est posé en champion de la cause pro-européenne. Création d’un budget et d’un « ministre de l’économie » de la zone euro, taxation des GAFA, défense commune… Les pistes ouvertes sont titanesques, mais à l’heure de la coalition italienne ou du Brexit ne semblent pas susciter un intérêt majeur. D’autant plus que le couple franco-allemand, traditionnel moteur de la construction de l’UE est à l’arrêt depuis plusieurs années. 

Le coup de tonnerre italien, qui voit pour la première fois l’un des pays fondateurs gouverné par des partis anti-européens représente véritablement le dernier coup de semonce et paradoxalement, pourrait rapprocher les positions françaises et allemandes. Dans un entretien donné au « Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung » le 3 juin, la Chancelière Merkel a enfin donné son avis sur les propositions de réforme française. Après des mois d’atermoiements, voire de rebuffades indirectes, la Chancelière fait enfin un pas en direction de la réforme souhaitée par Emmanuel Macron. Inquiétée à la fois par la percée du parti d’extrême droite de l’AFD dans son propre pays, comme par la montée des populismes dans l’ensemble de l’Europe, l’Allemagne ne pouvait plus se permettre le luxe de l’attente. Alors, certes, la réponse est minimale, mais Angela Merkel s’est tout de même prononcée pour la création, entre autres, d’un budget de la zone euro…

La politique intérieure française est guidée depuis mai 2017 par l’impératif européen. La volonté d’Emmanuel Macron d’enchainer les réformes, plus ou moins importantes, mais jugées difficiles par certains de nos partenaires ont pour but secondaire de redonner au pays une crédibilité perdue sur le terrain européen afin de peser dans les négociations. À l’heure où la rhétorique anti-européenne fleurit dans les capitales, la France espère pouvoir prendre le leadership de la réforme. À ce titre, les élections européennes de 2019 constitueront un premier test. En effet, si les premiers sondages donnent le parti présidentiel en tête, il lui faudra remporter le plus possible des 80 sièges de l’hexagone afin de pouvoir espérer engager une recomposition à l’échelle du parlement. Bousculer l’Europe après avoir dynamiter le clivage français, voila le défi de l’année à venir pour Emmanuel Macron et ses troupes. Avec en filigrane un défi profond : si un Président jeune et profondément européen ne parvient pas à réformer l’Europe, c’est sans doute qu’elle ne peut pas l’être… 



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