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Six mois et maintenant

L’élection à la présidence de la République, le 7 mai 2017 d’Emmanuel Macron, au terme d’une séquence électorale folle a totalement bouleversé le paysage politique français. Favorisant l’émergence de nouvelles forces sur l’échiquier, tout en actant l’affaiblissement des partis dits de « gouvernement » traditionnels, un renouvellement profond de la scène politique est toujours en cours avec l’apparition de nombreuses nouvelles personnalités sur fond de décomposition des anciens appareils. S’il a bien su saisir cette volonté des Français de passer outre les habituelles structures politiques, Emmanuel Macron n’a pour autant pas « révolutionné », ni la gouvernance du pays, ni certaines habitudes bien ancrées…  

Six mois au pas de charge. Emmanuel Macron a d’ores et déjà fait adopter bon nombre de réformes prévues par son programme, moralisation de la vie publique, dédoublement des classes en rep, modification du Code du Travail par ordonnances, transfert de charges sur la csg, suppression partielle de l’isf… Et d’autres sont déjà inscrites à l’agenda gouvernemental, à l’image de la réforme de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle, de la suppression partielle de la taxe d’habitation ou encore de la refonte complète du système du RSI… Les débuts de ce quinquennat ont été rythmés par des réformes menées tambour battant, avec comme mantra présidentiel la volonté d’appliquer à la lettre ses engagements de campagne. Cependant, le strict respect de l’application, ou non, de son programme ne suffira pas à juger de l’action présidentielle. Au bout de six mois, François Hollande, comme Nicolas Sarkozy avant lui, avaient mis sur les rails de nombreuses réformes contenues dans leurs projets respectifs. C’est la suite, pour des raisons différentes, qui les a coupée de leur électorat…

Un contexte inespéré. La popularité ne se décrète pas et malgré la prudence des Français, qui ne sont que 38% à être satisfaits de la politique menée par le Gouvernement, selon Elabe, l’opposition peine à se faire entendre. Malgré une opposition importante à la réforme du Code du Travail, le mouvement social n’a, par exemple, pas su prendre véritablement forme pour contester les ordonnances et après quelques manifestations, sans grande mobilisation, le mouvement s’est éteint de lui-même. Les partis politiques sont toujours en pleine restructuration et n’offrent pas, pour l’instant une trop grande résistance à l’exécutif. Même Jean-Luc Mélenchon qui, lors des premiers mois était l’opposant numéro un, est désormais à la recherche d’un second souffle. Alors que l’opposition est atone, la conjoncture économique est inespérée ce qui devrait entrainer une baisse du chômage dans les mois à venir. En 2018, la croissance devrait encore avoisiner les 2%, ce qui n’était plus arrivé depuis dix ans. Le Gouvernement a donc toutes les cartes en mains pour s’attaquer au chantier de la réforme de l’Etat afin de tenter d’endiguer le déficit chronique du pays. Reste à savoir, si comme beaucoup de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron préférera la popularité aux réformes nécessaires pour l’avenir de la nation… 

Ce « nouveau monde » tant vanté par le Président et ses marcheurs reste terriblement ancien. Après avoir endossé sans difficulté le costume présidentiel, Emmanuel Macron est désormais (trop ?) attaché à se construire une image, quitte parfois à déraper et peine à tisser ce lien, si particulier, que chaque chef de l’Etat doit tisser avec la Nation. Alors qu’après six mois d’exercice du pouvoir, certains ministres commencent à se livrer au jeu des petites phrases avec la presse, que certains députés, plus soucieux de leur image que de l’institution qu’ils représentent, se lancent à l’occasion de la réforme de l’Assemblée dans un concours de mesures populistes qui ne nourriront que l’antiparlementarisme primaire, on peut songer que rien n’a véritablement changé. Le chef de l’Etat a gardé, de cet « ancien-monde » qu’il abhorre, de nombreux travers, comme celui de n’avoir confiance qu’en lui-même et donc de vouloir tout contrôler. À l’heure où de nombreux électeurs de gauche (déçus), qui l’ont porté au pouvoir s’en détournent, pendant que de plus en plus d’électeurs de droite et du centre (déboussolés) le soutiennent, Emmanuel Macron va devoir trouver une voie plus politique que lyrique. Il a rempli la première partie de son contrat qui était de renverser un ordre ancien, il lui faut désormais poser les bases d’un nouveau modèle. C’est à ce prix là qu’il sera jugé et il reste tant à faire…

Par ailleurs, alors que nous commémorons le triste second anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, nos confrères de Charlie-Hebdo sont encore et toujours menacés, près de trois ans après la tuerie du 7 janvier 2015. Malgré la ferveur populaire qui a suivi ces tragiques événements, malgré la volonté farouche de défendre la liberté d’expression à travers le célèbre « je suis Charlie », l’indifférence semble s’être aujourd’hui installée. Comme s’il était devenu banal de pouvoir menacer de mort, par anonymat et réseau social interposé un journaliste qui a commis une caricature déplaisante. Le manque de réaction immédiate d’une majorité de la classe politique face à ces menaces, jugées sérieuses par le Parquet de Paris, est un signal dangereux envoyé à tous les procureurs  de la liberté de la presse, quel que soit le sujet, quel que soit le motif, la représentation nationale se doit de défendre un principe fondamental de notre démocratie. À travers Charlie, c’est la République qu’y est attaquée. L’esprit du 11 janvier semble peu à peu s’estomper dans notre société, ne le laissons pas disparaitre dans l’indifférence, c’est notre devoir de mémoire, que l’on soit d’accord ou non avec Charlie. Aucune menace de mort n’est justifiable. « La liberté de la presse ne s’use que lorsque l’on ne s’en sert pas » 



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