Hebdo 39 Lons-le-Saunier

L'actualité jurassienne, au fil des dossiers (chauds) du moment...

  • Suite au premier lâcher d’eau réalisé le 20 juin dernier pour sauver notamment les poissons, le Préfet a refusé d’en effectuer un deuxième début juillet.
  • Suite au premier lâcher d’eau réalisé le 20 juin dernier pour sauver notamment les poissons, le Préfet a refusé d’en effectuer un deuxième début juillet.
  • « Il faut attendre les vendanges pour voir les pertes réelles et ainsi développer les aides multiples » observe le Préfet du Jura.
Suite aux élections présidentielles et législatives qui obligeaient Richard Vignon a un silence de parole en cette période dite "de réserve", le préfet du Jura est revenu sur de nombreux points de l'actualité locale. Détail.

Lors d’un petit-déjeuner presse, qui se tenait à la préfecture du Jura, à Lons-le-Saunier, le Préfet a évoqué avec la presse jurassienne de nombreux points. Morceaux choisis.

Du mieux pour la situation économique du Jura

« Le frémissement déjà ressenti ces derniers temps se confirme. On pourrait presque parler d’une reprise » se félicite Richard Vignon.
Le chiffre d’affaire du département a augmenté de 4,63% sur les trois derniers mois. « C’est une bonne nouvelle » avoue le Préfet qui donne des chiffres rassurants pour confirmer ses dires. Toujours sur 3 mois, l’exportation connait une hausse de 11%, alors que l’intracommunautaire prend 15% tout comme les transactions immobilières qui augmentent de 13%.  « Ça reprend avec des recettes nouvelles. C’est le secteur qui décolle le plus » précise le représentant de l'Etat.
D’autres chiffres sont rassurants avec une hausse de 7,20% de l’industrie, 4,86% de la restauration. La construction quant à elle reste stable avec une légère hausse de 0,63%.
Seul point noir à cette reprise, l’agriculture, avec – 1,71%.  Alors même si sur les trois derniers mois, l’agriculture, commence à aller mieux, le Préfet préfère rester très prudent sur ce secteur, qui reste très sensible. L’investissement va également mieux, puisqu’il est multiplié par 4.
« Nous avons déjà notifié plus de 10 millions de travaux. Il nous reste donc encore environ 1 million 5 à utiliser » explique le Préfet, fier de ses investissements.
A ces chiffres s’ajoutent 3 millions d’euros de fond de soutien auxquels viennent s’ajouter un contrat de ruralité. Et pour clôturer avec les chiffres, environ 15 millions d'euros sont apportés en soutien aux collectivités.

Une attention de tous les instants avec la sécheresse et la canicule

Début juillet a commencé sous de fortes chaleurs et le Jura a même connu une alerte canicule de quelques jours. Ces fortes sécheresses ont des effets négatifs sur la nappe phréatique et le débit des cours d’eau.
« C’est une situation à surveiller » rappelle le Préfet avant d’ajouter  :
« Ce n’est pas bon. A l’heure actuelle nous avons plutôt un débit de fin août que de début juillet ».
Une vigilance toute particulière est portée sur certains cours d’eau. Et de détailler :
« Si cela continue comme ça nous serons obligés de prendre des mesures de restriction d’eau. Il faut qu’il pleuve de temps en temps » avoue Richard Vignon.
Il semblerait que ses « prières » aient été entendues puisque nous connaissons depuis quelques jours de bonnes chutes de pluie.
A Vouglans, « Les problèmes d’entente entre l’Amont et l’Aval ne sont pas une question de passé mais une question d’avenir. Car quand on voit les changement climatiques, l’eau sera de plus en plus en diminution. Je crains que l’on aille vers des discussions de plus en plus fréquentes surtout quand on a un barrage » déplore le Préfet du Jura.
Et le gel dans tout ça ? Comme l’an passé, suite à la décision du Ministère de l’Agriculture tout a été mis en place pour aider les agriculteurs touchés par le gel tardif avec une année blanche sur l’emprunt pour certains agriculteurs, des aides du droit commun pour d'autres.
« Il faut attendre les vendanges pour voir les pertes réelles et ainsi développer les aides multiples » observe le Préfet du Jura.

De sérieuses divergences entre l’Amont et l’Aval du barrage de Vouglans

Avec le réchauffement climatique et les fortes sécheresses, le torchon commence à brûler entre l’Aval, qui veut garder sa réserve pour le débit de sa faune et de sa flore tandis que l’Amont a également besoin de ses réserves pour faire vivre son tourisme.
Le Préfet a rencontré le préfet de l’Ain avec les CDDT mais également EDF et les différents responsables du barrage pour comprendre avec exactitude les différentes contraintes.
« Nous devons avoir la vision la plus fine des uns et des autres. Nous sommes dans une position où on ne peut pas avoir une vision binaire. Il faut que ce soit le plus posé possible » développe-t-il.
Un arbitrage doit être pris par l’Etat qui restera impartial dans ces querelles puisqu’il est le mieux placé pour prendre une décision avec également une part de responsabilités pour EDF. Suite au premier lâcher d’eau réalisé le 20 juin dernier pour sauver notamment les poissons, le Préfet a refusé d’en effectuer un deuxième début juillet.
« ll faut absolument que tout cela se travaille paisiblement, dans la concertation et que rien ne se fasse sans l’accord des élus » martèle le Préfet, en ajoutant : « Les choses ne sont pas parties de la meilleure des façons. Tous ne sont pas sur le même niveau d’information. Je ne doute pas que nous arriverons à concilier. J’insiste à ce que la parole des élus doit également être entendue ».

La sécurité au cœur des attentions

« La menace reste très forte avec la situation de la Syrie et les appels de Daesh a passer à l’acte » rappelle Richard Vignon. Les consignes sont les mêmes partout et le Jura n’y échappe pas. Pour chaque manifestation, une certaine mise en place doit être tenue, notamment une attention toute particulière contre les attaques bélier. "Comme le dit le Premier Ministre « Nous devons regarder le monde tel qu’il est, mais nous devons rester ce que nous sommes » ".

Très mauvais premier semestre sur les routes !

Le principal cheval de bataille du Préfet demeure la sécurité routière, suite à un très mauvais premier semestre. On dénombre 73 accidents pour 52 l’an passé, avec 15 tués pour 11, 101 blessés pour 80 et 78 hospitalisés pour 53. Les problèmes sur les routes jurassiennes restent les mêmes : une vitesse inadaptée, l’alcool au volant et le non port de la ceinture.
« C’est assez consternant » déplore le Préfet qui ajoute également que le nombre de verbalisation a augmenté de manière significative avec une hausse de plus 20 à 45 %.
« Il faut continuer à faire des actions de prévention, de dissuasion et continuer à être sévère. Je ne vois pas d’autre solution » avoue-t-il un peu impuissant avant de compléter : « Il y a une très faible minorité de gens qui sont complètement inconscients. Ce sont eux que nous devons convaincre ! ».

Vive inquiétude autour de l’hôpital de Saint-Claude

Comme pour le souci de Vouglans, en bien pire, selon ses dires, le Préfet répète qu’il faut que les élus et toutes les personnes concernées se mettent autour de la table pour réfléchir ensemble et partager le diagnostic de cet hôpital du Haut-Jura qui va très mal.
« Il faut prendre en compte les nécessités de qualité de service que l’on doit à nos citoyens. La situation est grave. Ce ne sont pas uniquement les fermetures de services qui aideront » concède Richard Vignon.
A ses yeux, il est impossible qu’une ville comme Saint-Claude n’ait plus d’urgences.
« Il faut sauver les urgences de Saint-Claude. On en a besoin » conclut-il sur ce dossier houleux, qui va prendre un certain temps à se décanter...

Un point sur les rythmes scolaires

Le décret permettant un retour à la semaine de quatre jours est tombé il y a peu. Et même si certaines écoles semblaient intéressées par cette mesure pour l’instant, aucune d’elle ne l’a fait à l’heure actuelle.
« Il parait difficile de précipiter les choses. Dans le Jura, c’est un département où ça s’est plutôt bien passé. Après si des communes veulent le retour aux 4 jours c’est leur droit » explique le Préfet qui rappelle que c’est une mesure qui va dans le sens de ce qui avait été annoncé par Emmanuel Macron lors de sa campagne électorale. « C’est aux territoires de voir » a-t-il conclu.




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