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Grands Mots… Grands remèdes…

  • Gérard Bouvier
  • Gérard Bouvier
Premier chagrin d’amour

La Marie-Madeleine dont le bon sens comtois n’est plus à démontrer consolait tantôt son petit-neveu, en désarroi amoureux, avec ces mots : « une de perdue, dix de retrouvées ».

Cet adage, asséné sans délicatesse, a réveillé en moi de cruels souvenirs. J’avais 15 ans. Me permettez-vous de vous en parler aujourd’hui ?

Une de perdue, dix de retrouvées ! Je passe sur les « de » acceptés par l’usage mais bien lourds à l’oreille. Je n’épiloguerai pas sur le « dix », administré à l’aveugle sans n’avoir jamais été démontré par l’expérimentation ou la statistique. Et qui depuis la naissance de l’expression au XIIIème siècle a souvent varié, passant de deux à l’origine, avant d’atteindre cent (!) -proche de l’effet d’aubaine-, pour finalement se stabiliser à dix. Il est vrai que quand on aime, on ne compte plus très bien...

Je mettrai de côté les contradictions nombreuses qui mettent à mal cette expression : quel homme s’il a cent brebis, et qu’il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Lorsqu’il l’a retrouvée, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. (Luc 15 :4)

Mais je me dois, dans le contexte actuel, de vous livrer la version féminine de cette assertion : « un de perdu, dix de retrouvés ». Cette obligation alourdit le discours. Et la version de l’autre genre est parfois malheureuse : « Je suis partisan de cesser la grève » deviendrait « je suis partisane de cesser la grève » qui a un je-ne-sais-quoi d’inaudible.

J’arrive déjà à la fin de cette rubrique contrainte dans un espace de 1500 caractères, espaces compris.

Décidément, même à mon âge, il est bien difficile d’évoquer les chagrins de ses premières amours.

 


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