Hebdo 39 Lons-le-Saunier

Conseil départemental : l'amour dure (à peine) trois ans


  • Philippe Antoine : "Votre décision illustre l'immobilisme dans lequel vous vous complaisez. C'est une menace pour le territoire !"
  • François Godin : "J'ai été élu grâce à mon travail, grâce à ma présence de terrain, et non par simple appartenance à une étiquette politique..."
  • De gauche à droite : Christine Riotte (Dole-1),  Céline Trossat (Lons-1), et Cyrille Bréro (Lons-2) ont fait une entrée remarquée dans le "top ten" départemental...
L'Hôtel du Département a procédé lundi dernier à un léger remaniement de son exécutif. Avec pour objectif de réaffirmer la ligne directrice imprimée par Clément Pernot, pour la seconde moitié du mandat. Non sans quelques conséquences politiques...

Suite à la récente élection au Sénat de Marie-Christine Chauvin et de Sylvie Vermeillet, lesquelles, pour être en conformité avec la loi sur le non-cumul des mandats, ne pouvaient conserver leurs vice-présidences respectives, a été organisée lundi dernier au Conseil départemental, une séance publique destinée à combler la vacance de ces deux postes.
A l'issue de celle-ci, trois nouveaux conseillers départementaux ont émergé, faisant leur entrée dans le "top ten" des vice-présidents : Cyrille Bréro (Lons-2), Céline Trossat (Lons-1), et Christine Riotte (Dole-1). 
Cela, au détriment du maire de Bois-d'Amont, François Godin, qui s'est vu définitivement supprimer sa vice-présidence, sa délégation ayant été suspendue depuis le premier tour de l'élection présidentielle et son soutien publiquement affiché à Emmanuel Macron.


François Godin : "J'ai été élu grâce à mon travail, grâce à ma présence de terrain, et non par simple appartenance à une étiquette politique..."

L'occasion rêvée pour le conseiller du canton de Morez d'évoquer son amertume, face au président Pernot :
"Le nouveau paysage politique propose le choix entre une droite dure et s'assumant comme telle, incarnée par Laurent Wauquiez, ou une droite plus constructive se rapprochant d'Emmanuel Macron. Une droite centriste à laquelle vous avez d'ailleurs apporté votre aval personnel en soutenant Bruno Le Maire à la dernière primaire... 
Pour ma part, j'assume mon choix : je suis ravi de voir aujourd'hui réussir ce qui a échoué depuis 30 ans !
Pour le bien de notre collectivité, chacun a son rôle à jouer. Mais au lieu de rassembler les élus dans un esprit de réussite collective, vous continuez de cliver ! C'est dommage, car le Département reste un maillon fondamental pour nous, élus, nos services et la population. J'ai été élu grâce à mon travail, grâce à ma présence de terrain, et non par simple appartenance à une étiquette politique... Aussi, je ne peux que déplorer ce remaniement dont l'un des objectifs était de m'exclure" livrait-il.

Philippe Antoine : "Votre décision illustre l'immobilisme dans lequel vous vous complaisez. C'est une menace pour le territoire !" 

Lui emboîtant le pas, le référent départemental d'En Marche en rajoutait une louche :
"Ce remaniement montre bien que vous refermez votre majorité sur elle-même, vous privant délibérément d'un élu compétent et apprécié. C'est une posture politique, voire politicienne... Tout ce dont les Français ne veulent plus. Aujourd'hui, la population a soif d'ouverture, de modernité, de nouvelles méthodes de travail. 
Votre décision illustre l'immobilisme dans lequel vous vous complaisez. C'est une menace pour le territoire !" lâchait le conseiller du canton de Bletterans.
Dont la binôme, Danielle Brulebois, postait dans le même temps sur les réseaux sociaux un message à la tonalité similaire :
"Le Président du Conseil départemental du Jura, Clément Pernot, n'hésite pas à exclure de son exécutif François Godin, un Vice-Président compétent, efficace et dévoué à l'intérêt général au seul motif qu'il a soutenu le Président Macron lors de l'élection présidentielle. Je dénonce ce mépris du mérite de François Godin, ce règlement de compte sectaire et ce conservatisme archaïque, source d'immobilisme pour notre département.
Les Jurassiens attendent le rassemblement des intelligences et des bonnes volontés pour agir et réussir afin de remettre notre département sur la voie du progrès".

Clément Pernot : "Cette décision est l'émanation de la volonté du groupe majoritaire"

Chahuté par son opposition mais demeurant placide comme à son habitude, Clément Pernot répliquait :
"Monsieur Godin, vous n'êtes pas un martyr. Cette décision est l'émanation de la volonté du groupe majoritaire. Elle a été prise à l'unanimité, elle n'est que la conséquence de vos choix... C'est un souhait de cohérence politique, qui ne remet nullement en cause votre action personnelle. Suite aux dernières élections présidentielles, législatives et sénatoriales, un certain flottement semblait naître dans nos rangs. Pour que les choses ne se dégradent pas, nous avons décidé d'une nouvelle organisation, regroupant les fidèles de la droite et du centre, dont, suite à vos récentes prises de position, vous ne souhaitez plus faire partie".
Et de poursuivre sur une analyse plus idéologique :
"Votre monde nouveau me rappelle étrangement l'ancien et ses nombreux travers. La création d'un parti, l'élection d'un président (Christophe Castaner NDLR), la mise en place d'un secrétariat, les luttes d'influence…. Tant qu'il y aura des élections, il y aura des partis, des majorités, des minorités, des courants, des contre-courants. C'est un processus naturel dont je me réjouis, car il est signe de bon fonctionnement démocratique au sein de nos institutions…."
Finalement, c'est la députée Marie-Christine Dalloz qui concluait les débats :
"Puisque la politique nationale s'invite au débat, je me permets de remarquer que nous n'avons pas de leçons de démocratie à recevoir de la part d'un parti qui est en cours de constitution…. Il appartient à chacun d'assumer ses choix. L'évolution des groupes traduit les différents courants représentés ici. C’est la vie d’une assemblée, quelle qu’elle soit, et c’est très bien comme ça".



Et les nominés sont...

Les dix vice-présidents élus sont :Hélène Pélissard, Franck David, Chantal Torck, Jean-Michel Daubigney, Françoise Vespa, Dominique Chalumeaux, Céline Trossat, Gilbert Blondeau, Christine Riotte, et Cyrille Bréro.
Leurs attributions respectives seront connues ce lundi 6 novembre, lors de la prochaine séance publique.

 


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